Coin littraire

      

Coin littraire

    2009-10-31, 16:44

kateb yacine et la condition de la femme Agrienne !!

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j'ai trouv ce texte de kateb yacine qui parle de la condition de la femme algrienne , crit dans les annes 80 :

les femmes ont jou un rle dans l'histoire de l'algrie ...
il y a des figures qui ont merg comme la kahina...
et aprs la kahina nous comptions bien montrer d'autres femmes...
c'est montrer quel point la femme a pu etre libre par le pass.

la libert pour nous est au pass au lieu d'tre l'avenir

vraiment si on compare le sort de la femme du temps de la kahina
et le sort de la femme d'aujourd'hui
la comparaison ne serait pas en notre honneur.
c'est tragique d'etre comme a, en retard sur son histoire

kateb yacine.



que vous inspire ces quelque phrases ?




    

: Coin littraire

    2009-11-01, 11:51

Malika Mokeddem
La transe des insoumis
Une grande mezzanine au-dessus du salon me tient lieu de bureau. Cest l que jcris. Jai commenc crire l. LAlgrie. Bien sr. Et lAlgrie pour moi cest dabord le dsert. Jai crit le pays aprs des annes de rupture. Dans lendroit suspendu de lcriture. ( )
Je pense toujours au vent de sable dans la tramontane. Surtout en cette saison, la sienne. Ce soir de dbut mars 1994, le vent, lerrance entre les lits, la solitude peut tre me ramnent au dsert.
( ) L bas, javais conquis de haute lutte le droit de dormir ou plutt de veiller seule. Le droit linsomnie rive aux livres, emporte par leurs ailleurs. Dans des couchages improviss, menacs, nomades, linsomnie, la solitude et la lecture avaient t mes premires liberts.
Ed. Grasset, 2003
La Transe des Insoumis

Linsomnie commence pour moi avec les premiers souvenirs de lenfance dit Malika Mokeddem dans lintroduction ce livre. Moi aussi moi non plus voil les mots qui me viennent aussitt en reposant le livre. Moi non plus je nai jamais pu dormir quand il le fallait normalement entre les draps aux heures convenues convenables. Ça cest comme dormir convenablement, je ne pourrai jamais. Le convenable ne me convient pas.
Enfant pourtant pour moi pas de natte en alfa ni de couverture commune en laine qui pse la misre de la terre ni encore de pige des corps . Non enfant chez moi nous ne sommes ni sept ni dix mais deux seulement qui occupons deux petits lits superposs. Pas de couche collective , de touffeur de la laine dtrempe durine Cest moi la grande qui ai la place favorite, celle du dessus. Ds cette poque-l le lit est le lieu du livre. Celui qui memporte alors que je dchiffre peine les lettres mais on me lit les histoires et qui memportera toujours vers des voyages que je ne ferai pas que je ne ferai jamais. Tout vrai livre est celui o lautre la lectrice, peut se glisser aussitt la place encore chaude comme lintrieur du lit entre les draps des pages un peu froisss
L-haut dans les nuages chaque fois quil faut sallonger dans le noir entre murs et plafond jattends. Jattends ma mort. Rien oh non ! rien ne me fera embarquer bord du sommeil comme mon frre en dessous qui est le grand navigateur des eaux nocturnes. Je hais le sommeil. Je voudrais pouvoir ne jamais dormir.
Jattends quon vienne me tirer de l, de cette prmonition du trpas avec des mots. Mon corps sans sensation prcise, sans relents de pipi mais pris par une horrible suffocation , limpression diffuse que je dois refuser ce quon mimpose et choisir, dlimiter ds maintenant le territoire de ma vie, mon corps appelle dans un grand hurlement celle, celui qui va raconter Mais toi, pourquoi tu ne dors pas ? ( ) Je ne sais pas dormir. Tu ne dors pas parce que tu as soif. Et que tu ne sais pas o ta soif va prendre fin.
Des annes plus tard quand avide de dserts o les mtorites sont des livres noircis par la traverse du temps et la recherche jamais acheve de cette ivresse daventures quallait quter Rimbaud en partant pour Alexandrie puis pour Chypre, sillonnant tous les ports de la Mer Rouge, arrivant en Abyssinie, sembarquant pour Aden au Yemen avant de revenir Harar, je dcouvrirai le livre de Malika Mokeddem Le sicle des sauterelles, le personnage de Mahmoud le pote errant sur les hauts plateaux entre le dsert et le tell fera resurgir en moi cette premire sensation des mots petites lampes allumes pour loigner la mort.
Je veux marcher comme crire. Ecrire les pas des mots, les mots des pas, sur ces seuils hauts, les plateaux, socle du dsert. ( ) Mais alors que souvent la s eule approche du sommeil me griffe dj de son glacial frisson, je veux pouvoir me moquer delle, la mort. ( ) Et, infidle, je veux mendormir dans ses bras sur la couche de ma plus belle muse, Posie. Le livre qui la crit ? A qui appartiennent ces griffures noires auxquelles je dois de natre vraiment ? Peu importe en fait du moment que le corps des mots se glisse tout contre le mien et le spare de la peur. La peur du silence de mort couch sur moi comme un linceul.
Grand-mre est toujours en verve la nuit. Peut-tre a t elle des angoisses elle aussi. Maintenant je le pense. Exile de sa vie nomade un ge tardif, elle na plus que les mots pour fuir limmobilit sdentaire et retrouver ses dparts et ses arrives. Ses mots se mettent danser dans le noir, la cadence de ses pas jadis sur les pistes des steppes dalfa sans limites. Elle raconte. Je vois.


A lire les Hommes qui marchent




    

Lecture

   GAB 2009-11-03, 22:47

Ouafa est certainement une grande admiratrice de Malika Mokeddem et je partage son enthousiasme. J'ai beaucoup aim "Mes hommes", surtout en tant que femme. Je conseille galement "Je dois tout mon oubli". Et bravo pour le dernier Goncourt qui revient une femme d'origine africaine, Marie Ndiaye. Bonne lecture.

GAB

: 17
: 70
: Mulhouse
: 1
: 19
: 09/08/2009

    

: Coin littraire

    2009-11-03, 23:45

Merci Gab pour la suggestion concernant Malika mokkedem qui me fascine par ces ecrits.je ne manquerai pas de l'acheter . je suis contente que marie N'diaye mi-africaine du Sngal mi-franaise ait remport le Goncourt pour son livre "Trois femmes puissantes". En effet c'est la 10eme femme avoir obtenu ce prix prestigieux outre Marguerite Duras, Simone de Beauvoir et huit autres auteures.C'est qd meme paradoxal comme l'a soulign l'un des membres du jury que les femmes ecrivent et lisent bcp plus que les hommes mais n'arrivent pas dcrocher autant que les hommes cette grande reconnaissance litteraire. Doit-on croire une certaine discrimination ?
Une de mes amies et collgues m'a signal la presence d'un ecrivain iranien samedi prochain dans une librairie de ma ville en vue de promouvoir son dernier livre. Il s'appelle Ziarit Hamid .Il a ecrit apparemment un trs beau livre Salam maman que je ne manquerai pas de lire au passage.




    

      


 
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