le 8 mars a-il un sens

      

le 8 mars a-il un sens

    2010-03-06, 13:41

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Entre femme battue et femme mgre,
entre modernit et obscurantisme
entre libert et soumission,
la croise des chemins, notre choix est fait
nous avons choisi d'tre porteuse d'ESPOIR... et notre lutte est de tout instant pour la dfense de nos droits...
citation en mmoire de DJB


ouafa59 2010-03-06, 13:52 1




    

: le 8 mars a-il un sens

    2010-03-10, 00:26

Des milliers de jeunes filles victimes de la barbarie intgriste et de lomerta : Violes par les intgristes, abandonnes par ltat
Officiellement, les femmes violes nexistent pas, Ltat ne les a pas reconnues comme tant des victimes du terrorisme. La SARP, qui a eu prendre en charge quelques-unes de ces femmes, avoue ne pas disposer de statistiques ce sujet. Rgion de Chlef, anne 1997. La violence terroriste fait rage. La folie meurtrire npargne personne, hommes, femmes, enfants, vieillards. Alors que le pays est mis feu et sang par ces fanatiques de Dieu , M., jeune bergre de 14 ans, fait patre son troupeau quelques pas de son village, ne se doutant pas que sa jeune vie allait tre brise. Elle est attaque par un groupe de terroristes qui pullulent dans cette rgion. Enleve et squestre des semaines durant dans les maquis, elle y vivra linimaginable. Linnommable. Lenfer. La barbarie sous sa forme la plus abjecte. Les mots manquent et ne sauraient dcrire ou qualifier ltendue de lhorreur de ces actes. Immobilise, la fillette verra passer sur son frle corps des dizaines dhommes par jour, parfois mme jusqu 50.

Tous les jours. Pendant plus dun mois. Le viol collectif nest dailleurs pas la seule atrocit que ses agresseurs lui feront subir. Rgulirement battue jusquau sang, elle se verra assener un coup de hache la tte, qui ne lacheva pas, mais lui laissa une cicatrice qui court de part et dautre de son crne. Quand elle est retrouve par des militaires, elle est plus morte que vive. Mais son calvaire tait loin de prendre fin, tant les stigmates de cette preuve sont insurmontables, et tant la socit et lEtat sont impitoyables son gard. Voire mme indiffrents au calvaire endur et ses souffrances. Lhistoire de M. nest videmment pas un cas isol .

Comme elle, ce sont des milliers de femmes et jeunes filles, parfois mme mineures et peine pubres, avoir t violes par les terroristes. Parfois enleves lors de descentes punitives dans les villages, elles ont t gardes captives durant des mois, des annes mme dans les campements. Certaines ont t agresses chez elles, lors dincursions, sous le regard de leur pre, de leur mre, de leur mari, et parfois mme de leurs enfants, avant dtre tues dans certains cas. Plus nombreuses quil nest dit Combien sont-elles au juste ? Personne ne peut le dlimiter avec prcision. Seules des approximations existent. 3000 ; 6000 ; 8000 ? A lpoque, et mme aujourdhui, tablir une liste exhaustive de ces victimes relve de limpossible. Et les collectifs qui ont tent de recouper de telles donnes se sont heurts plusieurs cueils.

La Socit algrienne de recherche en psychologie (SARP), par exemple, qui a eu prendre en charge quelques-unes de ces femmes, avoue ne pas disposer de statistiques ce sujet. Nous avons entendu des chiffres, donns par diffrents intervenants. Mais, personne, mme nous et les autres associations qui avions eu prendre en charge ce dossier ne pouvons prtendre les avoir toutes rpertoris. Lon a beau chercher, au niveau du ministre de lIntrieur entre autres, mais des chiffres nexistent pas. Et pour cause, personne ne connat rellement ltendue des dgts , affirme Mme Cherifa Bouatta, psychologue, vice-prsidente de la SARP.

Tout le monde saccorde toutefois dire que la ralit dpasse ce quil est avanc. Rares sont celles qui sen sont sorties vivantes. Et encore plus rares celles qui, rescapes, en ont parl et ont t "identifies " comme telles ", assure Mme Cherrifa Kheddar, prsidente de lassociation Djazairouna des familles victimes du terrorisme et de dfense des droits des femmes. Ce sont des familles entires qui ont t dcimes dans les zones isoles. Ds lors, impossible de dresser des bilans. De mme, elles sont des centaines avoir disparu sans laisser de traces, et nul ne sait ce quil est advenu delles , explique, quant elle, Mme Hanifa Benghanem, directrice du Centre national algrien des femmes victimes de violence et en situation de dtresse (CNAFVVSD), sis Bou Ismal. Par exemple, continue-t-elle, il y a quelques temps, une dame dun certain ge est venue me trouver. Elle tait en possession de photos de deux jeunes filles, ses filles. Elles avaient t enleves par les terroristes, et les autorits lui avaient assur quelles avaient t recueillies dans un centre. Hlas, cette mre a eu beau frapper toutes les portes, et ce, des annes durant, nulle trace de ses filles.
Leur apposer sur le front une tiquette, les marquer lencre indlbile. Leur rappeler indfiniment leur agression. Un viol nest-il pas dores et dj une cicatrice que lon garde toute une vie ? Ce nest pas motionnellement ou psychologiquement quon voulait les prserver. Lon considrait en haut lieu quune quelconque reconnaissance officielle ferait delles des femmes non mariables, parce que tout le monde les sauraient femmes violes. Elles taient donc indsirables et personne ne voulait delles comme pouses potentielles , explique la psychologue. Car, mmes victimes, elles taient souilles, et portaient la honte, la culpabilit. De mme, il a t rapport quun ministre avait lgitim ce refus en affirmant que si on les indemnisait, tous les mois lorsquelles recevraient leur pension, on leur rappellerait lacte de viol et que, quelque part, cela quivaudrait de la prostitution

Dni de mmoire
Lon comprend ds lors pourquoi la seule proccupation de ces femmes a t de disparatre, de se faire oublier, et quelles ne sont quune minorit stre manifestes. Face cet tat de fait, ce mpris dguis en compassion, les associations de femmes, la SARP et dautres organismes militant pour leurs droits avaient demand, et recommand, de les rpertorier en tant que victimes de terrorisme , sans pour autant mentionner la nature des svices subis. Requtes laquelle aucune suite na videmment t donne. Mais ce nest pas parce que lon ne vous regarde pas que vous cessez dexister. Elles voulaient tout simplement tre reconnues, admises. Politiquement et donc socialement et familialement ., analyse Mme. Bouatta. Car cette absence de considration est une tentative de les effacer, de les occulter de lhistoire du pays. De se dbarrasser dun fardeau embarrassant. Cela a un nom, cest un dni de mmoire , dplore-t-elle.

Elles ont survcu lhorreur
Echapper ses violeurs, et aprs ? Quelque temps aprs avoir t retrouves, certaines femmes, lon sen souvient tous, avaient trouv la force, et le courage, de tmoigner. A visage dcouvert, elles avaient racont leurs histoires, la presse, aux autorits, et des spcialistes, psychologues et psychiatres, pour certaines. Et aujourdhui, aprs plus de dix ans, que sont-elles devenues ? Retrouver leurs traces, ou du moins les victimes reconnues , nest pas chose aise. Elles ont simplement toutes disparu . Mme celles qui avaient t recueillies dans des foyers, ou des centres spcialiss , ou qui taient en contact avec des associations et des psychologues. Certes, les personnes qui avaient pans les meurtrissures de ces femmes reoivent sporadiquement des nouvelles de quelques unes dentre elles, qui ont accept de garder le contact. Mais elles sont rares, et refusent catgoriquement, des annes plus tard, de tmoigner ou dentrer en contact avec des journalistes.

Mme si lhistoire de toutes ces femmes est individuellement rvoltante, chacune des intervenantes garde en mmoire le parcours dune fille. Un cas qui les a mues plus que les autres, et dont la souffrance et langoisse na jamais pu quitter leur pense.

De la prostitution la srnit
Lassociation Djazarouna, qui active dans la rgion de Blida, a eu en prendre en charge prs dune vingtaine, pour la plupart des filles natives de la ville ou de lun des villages alentours. Si elles staient diriges vers nous, ce ntait pas du fait des autorits ou des lments qui les avaient retrouves. Dans la plupart des cas, ctait un proche parent, qui ne sachant pas quelle attitude adopter face elles, nous les confiaient , raconte la prsidente. Nous avons par exemple eu le cas dune jeune fille, L., qui tait accompagne de son frre an , se souvient-elle. A lge de 17 ans, elle assiste au massacre de sa famille lors dune attaque contre son village. Volontairement ou non, les assaillants lpargnent, et quittent les lieux, la laissant pour morte aprs lui avoir fait subir les pires svices.

Cest donc son frre, seule famille qui lui reste, qui laccueille. Elle allait tellement mal quelle a vers dans la prostitution. Son frre, ny tenant plus, la donc amene au sige de lassociation. Mais ce dont elle avait rellement besoin tait dtre loigne le plus possible du milieu dans lequel elle baignait, les lieux o elle avait vcue cette tragdie, car cela ravivait le traumatisme. Hlas, nous navions pas de foyer daccueil, et cest une structure dans la capitale qui sest charge delle , narre-t-elle, poursuivant seulement, elle na pas support le rgime trs strict de ltablissement. Elle sen est donc chappe, a repris ses "activits", et a compltement coup les ponts avec nous , sattriste Mme Kheddar. Jusquau jour o, quelques annes plus tard, cette dernire reoit un appel delle, ou plutt de la nouvelle elle . Elle sest marie, avec un monsieur beaucoup plus g quelle. Elle a eu trois enfants. Elle a pu refaire sa vie. Je lai revue depuis. Elle sest assagie. Elle semblait paisible, sereine , se rjouit-elle.

Et dans le lot de ces filles dont la vie a t brise par ces viols, elles sont malgr tout quelques unes , quelques annes aprs ces preuves, avoir pu passer autre chose , refaire leur vie et fonder un foyer. Ainsi, M., la jeune bergre de 14 ans cite prcdemment, a, elle aussi, trouv la force de surmonter latrocit des actes subis. Elle tait la dernire de la dizaine de filles violes par les terroristes qui avaient trouv refuge dans notre centre de Bousmal, dont trois mineures. Elle sest rcemment marie, et je crois mme quelle attend un enfant , annonce, satisfaite, Mme Hanifa Benghanem, directrice du Centre national algrien des femmes victimes de violence et en situation de dtresse (CNAFVVSD).

Les sentiers abrupts de la rmission
Mais le chemin de la rmission na pas t des plus aiss. Il fut long, douloureux et escarp. Lorsque nous lavons reue, ctait encore une fillette, dans un tat indescriptible. Elle avait le visage tumfi, des plaies sur tout son corps dcharn, sans parler de son appareil gnital, qui prsentait de nombreuses dchirures. Son crne, ras, laissait voir une cicatrice qui allait jusquau front , dit-elle, en fermant les yeux, ajoutant, ctait insupportable que dassister celajen ai t malade . Et la prise de contact na pas t des plus faciles. Une fois un tant soit peu rtablie physiquement, il lui fallait se refaire une sant mentale. Elle tait emmure dans un silence qui a dur plus de six mois. Elle rasait les murs, le regard tantt vide, tantt apeur. Chaque nuit, elle faisait des cauchemars nen plus finir, o elle revivait les mmes scnes denfer. Et chaque nuit, nous devions lui administrer des injections mdicamenteuses pour quelle se calme et quelle puisse se reposer.

De mme, ds quil faisait noir ou obscur, cause de coupures de courant, elle piquait des crises dhystrie. Elle pleurait, criait, tait atteinte de "folie furieuse" , se remmore douloureusement Mme Benghanem. Comment sen est-elle sortie ? Comment a-t-elle pu russir prendre le dessus sur son traumatisme ? Ce qui la sauv, cest lcole affirme la directrice. Elle sest jete corps perdu dans les tudes, et sa transformation a t impressionnante. Elle souvrait aux autres pensionnaires et nous autres, personnel, elle pouvait sortir , dit-elle, analysant son attention tait tout simplement reporte sur quelque chose dautre. Ça lui a donn une bouffe doxygne dans lasphyxie dans laquelle lavaient confine ces viols et leurs squelles. Elle entrevoyait de lespoir, de nouvelles perspectives enthousiasmantes. Elle aspirait devenir policire.

Cette histoire traduit bien le flou qui entoure cette priode sanglante. Mais elle rvle aussi et surtout, un Etat qui na pas su, pu, ou voulu, soccuper de ces victimes. Et encore moins les prendre en charge et les reconnatre.

Violes mais pas victimes
Car, officiellement, ces femmes nexistent pas. LEtat ne les a pas reconnues comme tant des victimes du terrorisme. Et il ne les reconnat toujours pas. On a refus de leur accorder un statut, et par l-mme, une indemnisation. Une femme enleve, viole, battue par des terroristes, nest pas considre en Algrie comme une victime de guerre. Certaines ont mme d monter un dossier les prsentant comme des blesss pour se voir attribuer une rente , raconte Mme Kheddar, forte des connexions que lui confre son poste dans ladministration wilayale. Mais ce nest pas chose aise, tant les PV, attestations mdicales et autres documents fournir quil faut trafiquer sont nombreux , tempre toutefois Mme Bouatta. Rchappes de lenfer, elles se sont pour la plupart retrouves seules, dans le dsarroi le plus total, sans aucune aide ni ressource. Et les arguments avancs par les dirigeants de lpoque pour justifier ce dni sont rvlateurs du cauchemar quont endures ces femmes, et du regard port sur elles. Des associations et des organismes avaient demand lEtat une reconnaissance de ces filles , raconte Mme Bouatta, lon nous a rpondu par la ngative, car leur donner un statut de femmes violes par les terroristes aurait t les stigmatiser .




    

: le 8 mars a-il un sens

   dracula 2010-03-16, 11:43

Bonjour les vampires, dracula vous salue du royaume des tnbres,
effectivement tu as raison ouafa59, les femmes enleves, violes et tortures par les terroristes ont t ngliges par la loi sur la rconciliation nationale, elles ont t oublies et cettte omission rvoltante a t vivement critique par beaucoup de gens.
Beaucoup de voix se sont leves et les chos sont parvenus au prsident de la rpublique qui a laiss la porte ouverte dans ler texte de loi pour rparer les oublis.
En effet il y a un article qui dit que le prsident dispose du pouvoir de mettre en oeuvre toutes mesures complmentaires qu'il juge utiles pour la bonne ralisation de la rconciliation nationale.
Sache aussi que les citoyens dont les biens ont t dtruits, incendis ou vols par les terroristes ont t omis par la loi, alors que les terroristes ont eu beaucoup de droits.
D'ailleurs on leur a meme accord le droit l'effacement des crdits bancaires et j'en passe...
Sache que cette loi n'est pas un Coran et qu'elle est conteste par toute la socit algrienne mis part les terroristes. salut

dracula
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: 210
: 26/08/2009

    

: le 8 mars a-il un sens

    2010-03-16, 12:34

Merci de rpondre aux postes concernant un thme hlas boud par la plupart ..le constat est un peu rvoltant croire que la question ne regarde que les femmes et pas que toutes les femmes.je persiste croire et tant que je suis e vie que la femme comme l'a si bien chant jean Ferrat est l'avenir de l'homme (je vois et j'imagine les froncements de sourcils ) qu'on le veuille ou pas.La provoc est bel est bien lance mais je n'en dmords pas.




    

      

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