:Elles sont attaques de nuit par des jeunes encagouls : Chasse aux femmes vivant seules Hassi Messaoud

:Elles sont attaques de nuit par des jeunes encagouls : Chasse aux femmes vivant seules Hassi Messaoud

   ouafa 2010-04-15, 22:05




Parce que justice na pas t rendue aux victimes des violences dEl Hacha, Hassi Messaoud, en juillet 2001, des dizaines dautres femmes vivent, non loin des mmes lieux, un vritable cauchemar. Depuis quelques semaines, chaque soir elles subissent le pire. Constitus en bandes organises, des jeunes hommes encagouls munis de sabres, couteaux haches et btons fracassent les portes et investissent leurs maisons. Ni les cris, ni les pleurs des enfants, ni les supplications des vieux ne font reculer les assaillants dans leur sale besogne. Battues, menaces de mort, les victimes sont dlestes de leurs bijoux, argent, tlphones portables et de tout objet ou quipement lectromnager de valeur.



Hassi Messaoud (Ouargla). De notre envoye spciale
Depuis deux semaines, chaque soir, le scnario de lhorreur se rpte, face limpuissance ou linertie des services de police, alors quun commissariat se trouve quelques centaines de mtres de ce quartier situ dans la ville ptrolire cense tre la plus surveille du pays. Les maisons ne sont pas choisies au hasard. Elles sont repres dans la journe, puis mises sac la nuit. La plupart sont habites par des femmes originaires du nord, qui vivent loin de leurs familles. Rares sont celles qui dposent plainte, car les plus tmraires ont pay cher leur acte. Elles ont fini par abandonner leur domicile, errant dun quartier un autre la recherche dun lieu plus sr. Rencontres sur place, les tmoignages de certaines dentre elles font froid dans le dos et font craindre le pire. Terrorises, les victimes ont toutes refus de rvler leur identit. Cest la misre qui nous a fait faire des centaines de kilomtres la recherche dun emploi pour nourrir nos familles.
Nous ne voulons pas perdre le pain de nos enfants. Nous voulons juste gagner notre vie avec dignit et dans la scurit. Nous sommes des citoyennes au mme titre que les autres,et nous avons droit daller nimporte o pour travailler , dclare Souad, ge dune trentaine dannes. Lorsque nous lui avons rendu visite, dans sa maison du quartier des 36 logements, elle a mis du temps nous ouvrir la porte. Elle venait de rentrer chez elle aprs avoir fait le tour des maisons de ses copines, sur le boulevard, au cur mme de la ville. Notre identit dcline, elle exprime son grand soulagement . Cela fait plus dune semaine que sa sur et elle vivent un vrai cauchemar . Une bande de cinq six jeunes enturbanns ont fait irruption chez elles au milieu de la nuit de mercredi jeudi. On nous avait dj parl de femmes ayant t agresses dans leur maison, mais je ny ai pas cru. Je naurais pas pens quun jour je serais une des victimes , raconte Souad, lane dune famille de trois filles et un garon. Cela fait dix ans quelle travaille Hassi Messaoud. Sa sur cadette, avec laquelle elle partage le logement en parpaing constitu dune pice-cuisine, semble trs fatigue. Elle vient de subir une opration chirurgicale. En cette nuit de jeudi, les deux filles, leur jeune frre et leur mre venus leur rendre visite de trs loin, ignoraient que le pire les attendait. Tous dormaient profondment lorsquils ont brusquement t rveills par de violents coups donns la porte dentre mtallique. Avant mme que Souad ait le temps de se mettre debout, dj trois hommes encagouls, surgissaient dans la pice. Lorsque je me suis rveille, jai vu le viseur dun tlphone portable se fixer sur mon visage. Jtais terrorise. Ma sur criait et ma mre suppliait les assaillants de ne pas nous toucher. Lun deux ma bloque contre le mur en menfonant un tournevis dans le ventre. Il ma enlev ma chane en or, mes bagues et mes boucles doreilles. Ils avaient tous un accent du sud-ouest. Il ma interdit de crier et jtais comme paralyse, jusquau moment o il a commenc relever ma jupe. Je le suppliais, mais il tait comme drogu. Il puait lalcool, tout comme ceux qui taient avec lui. Ma sur malade narrivait pas se lever, ils lui ont demand son tlphone portable, alors que ma mre a t dleste de sa bague en or avec violence. Son agresseur la oblige lenlever en maintenant le couteau coll sa main, laissant une bonne entaille. Nous avons cri de toutes nos forces et lun deux, dans sa fuite, a laiss tomber la serviette qui recouvrait son visage. Un visage que je garderais en mmoire toute ma vie. Les cinq ont pris la fuite lorsque les voisins ont ouvert leurs portes en entendant nos cris , tmoigne Souad. Elle dnude son abdomen pour nous montrer la cicatrice, longue de quelques centimtres, laisse par le tournevis.
Elle raconte que les voisins disent tous navoir reconnu aucun des agresseurs, mais elle sait, au fond delle-mme, quils ne peuvent tre trangers au quartier. Toute la famille a couru vers le commissariat, mais ses portes taient fermes. Nous avons frapp la porte et un policier nous a orients vers la sret de dara. Jai commenc hurler. L, il ma ouvert la porte et ma fait entrer pour mentendre et faire un procs-verbal. Une photo de ma blessure a t galement prise, mais ce nest que le lendemain que les policiers sont venus la maison pour constater le vol. Lorsque je lui ai dit quils nous ont vol tous nos biens, lquivalent de plus de 100 000 DA entre bijoux et tlphones portables , lofficier ma dclar : Estimez-vous heureuse. La femme quils ont vole il y a quelques jours est lhpital. Ils lont viole cinq, la laissant dans un tat de choc . Il nous a fait comprendre quil ne pouvait rien faire , rvle la sur de Souad. Les policiers lui demandent de ne pas suspendre sa ligne tlphonique dans lespoir de localiser les voleurs et de les arrter. Mais ces derniers, encourags par limpunit qui rgne dans cette ville, utilisent sa puce pour appeler dautres victimes. Durant des jours, ils les menacent de mort et profrent des obscnits leurs contacts dont les numros ont t rcuprs de la mmoire de la puce.
Ici, les policiers ne protgent pas les femmes


Souad ne peut plus supporter la situation. Au bout de cinq jours, elle dcide de suspendre sa ligne et de quitter, elle et sa famille, la maison. Sa mre est repartie terrorise chez elle, alors que les deux femmes se sont installes chez une amie, jusqu il y a deux jours. Elles nous montrent un couteau de boucherie quelles ont achet pour se dfendre. Ici, la police est absente et nos plaintes sont toujours restes sans suite , dit-elle. Selon elle, le lendemain de lattaque, au commissariat de nombreuses femmes sont venues se plaindre. Elles ont toutes subi le mme sort que nous. Elles ont t voles, tabasses et humilies par le mme groupe de voyous. Plusieurs dentre elles taient blesses. Et cest l que jai entendu parler de cette fille de Sada retrouve assassine il y a quelques mois. Une autre avait t retrouve tue, dans sa maison, il y a trois ans. Mais les auteurs de ces crimes nont jamais t arrts.
Le nombre de plaintes de femmes agresses sont les plus importantes au niveau des commissariats, et ce sont les policiers qui nous ont confirm cette vrit , dit-elle. Parmi elles Hadda, la trentaine passe. Elle aussi a rsid dans le quartier des 36 logements. Elle aussi est devenue une sans domicile fixe depuis cette nuit terrifiante de jeudi vendredi. Ctait presquau lever du jour. Elle dormait, avec sa fille et son petit garon, lorsquelle a t rveille par le bruit assourdissant de coups de pieds donns la porte dentre. Ctait la troisime tentative dattaque. La nuit davant, ce sont les cadenas de la premire porte qui ont t casss, mais les agresseurs se sont enfuis en entendant les voisins sortir dans la rue. Hadda a renforc les serrures et dcid daller passer la nuit ailleurs. Fort heureusement pour elle, puisque les assaillants reviennent la charge en son absence. Ils escaladent le mur et pntrent dans la cour de la maison. Ils cassent les cadenas de la deuxime porte et mettent la maison sac. Ils prennent tout ce qui a de valeur. Hadda revient dans la journe du jeudi, remet dautres serrures et dcide de ne pas laisser sa maison vide, pensant que les auteurs avaient pris ce quils cherchaient. Pour son malheur, cette nuit-l, ils sont encore plus nombreux. Elle est leur cinquime victime dans le quartier. La voisine de Hadda a vcu les pires moments. Aprs avoir arrach la porte, les voyous ont investi les lieux quils ont laisss en ruines. La voisine, terriblement affecte, brle la main et la jambe, a fini par abandonner son gte. Le lendemain matin, lorsque Hadda est revenue, elle a trouv la maison vide, les affaires personnelles de son amie jonchant le sol. Elle a ferme les portes et dcid de senfermer chez elle.
A la nuit tombe, les criminels reviennent sur les lieux. Aprs plusieurs coups, la porte a cd. Ils puaient lalcool et certains narrivaient mme pas parler. Lun deux, arm dun couteau, ma braque contre le mur et a exig que je lui donne ma chane en or. Un deuxime est arriv. Jtais comme paralyse. Ils me tiraient par les bras pour me faire sortir dehors. Je me suis agrippe au mur en les suppliant de mpargner. Jtais prte leur donner tout ce que javais comme conomies et bijoux, pourvu quils ne me salissent pas. Ce ntaient pas des voleurs mais des terroristes. Jai t au commissariat du quartier et l jai trouv de nombreuses femmes venues, elles aussi, se plaindre dagressions. Certaines, blesses, taient dans un tat lamentable. Les policiers ne faisaient que prendre nos tmoignages. Je leur ai demand pourquoi ils narrtaient pas les auteurs. Vous savez quelle a t la rponse de lofficier ? Savez-vous qui sont ces jeunes  ? Qui vous dit que moi, le policier, je ne suis pas avec eux ? Le matin, je mets ma tenue pour aller travailler et le soir je mets un turban autour de mon visage et jagresse les femmes qui rsident seules. Ces phrases mont choque. Jai compris que je navais rien faire au commissariat. Je suis sortie et jai appel mon cousin. Il est venu le lendemain. Il est avec moi, en attendant que je trouve une autre location ailleurs. Je travaille pour faire vivre mes enfants. Si javais trouv un emploi dans ma wilaya, je ne me serais jamais exile. Pensez-vous que cest facile de vivre loin de sa famille ? Pourquoi une femme qui travaille drange-t-elle  ? A Hassi Messaoud, les policiers ne protgent pas les femmes. Leurs proccupations sont ailleurs .
Des interrogations qui reviennent dans la bouche des nombreuses autres victimes rencontres, comme Fatma, par exemple, dont le visage laisse transparatre une fatigue intense due des nuits sans sommeil. Cette jeune femme de 27 ans, orpheline de pre, travaille pour nourrir ses sept frres et surs dont elle est lane. Je suis native dun village rduit en cendres durant le terrorisme. Etant lane, je nai jamais t lcole. La mort de mon pre a t un dsastre pour la famille, parce quaucun dentre nous navait un niveau ou une qualification pour dcrocher un emploi. Ma mre est femme de mnage la commune, et moi je fais la mme chose ici, Hassi Messaoud. Sauf quici, les socits trangres paient mieux leurs employs. Avec deux salaires, nous arrivons assurer la scolarit de mes deux frres et deux surs et avoir une vie plus ou moins dcente. Cela fait cinq ans que je suis Hassi Messaoud. Je partage mes deux pices avec une autre femme, mre de famille. Jamais je naurais pens quun jour je vivrais un tel cauchemar , lance-t-elle dune voix entrecoupe de pleurs. En cette nuit de jeudi, elle dormait profondment.
Elle avait entendu parler des attaques nocturnes contre les femmes qui rsident seules, mais elle pensait quelle ne serait jamais parmi les victimes, parce quelle tait apprcie et respecte au quartier des 40 logements. Pour moi, ctait le choc. Au deuxime coup de pied, la porte dentre a cd. Ils taient cinq ou six, encagouls et arms de couteaux, de sabres, de haches de boucherie et de barres mtalliques. Jtais comme ttanise. Les cris de ma colocataire ne les ont mme pas drangs. Ils taient comme sous leffet de la drogue. Ils mont dleste dune bague que je portais et qui ntait mme pas en or, puis de mon tlphone portable et de quelques objets, comme la cafetire lectrique, le dmo, une petite chane hifi, etc. Javais trs mal au bras parce que lun deux me lavait mis derrire le dos, en pointant ce dernier avec un couteau. Jai essay de me dbattre, un autre, arm dun sabre, ma lanc  : Tu bouge tu meurs, sale p Jai maudit le jour o je suis venue au monde. Je ne suis pas une prostitue. Je suis une femme sans ressources qui aide sa famille vivre dans la dignit. Mon pre ma donn une ducation qui ma permis de ne jamais qumander le pain, mais daller le gagner la sueur de mon front , raconte Fatma, avant dtre interrompue par les sanglots. Fatma dvoile son dos pour montrer une entaille de quelques centimtres, puis son bras et son sein marqus decchymoses. Quai-je fais pour mriter cette torture ? La police ne nous protge pas. Lorsque jai t me plaindre au commissariat, au dbut, les policiers ne voulaient mme pas prendre ma dposition. Jai commenc crier et cest l que lun deux a fini par me lancer une phrase assassine  : Que voulez-vous que lon fasse ? Vous navez qu aller ailleurs  ! Retournez chez vous par exemple, vous serez plus en scurit. Ici, cest dangereux pour des femmes comme vous  ! Est-ce des propos tenir des victimes de violences qui viennent se plaindre ? Navons-nous pas droit la scurit comme tous les autres citoyens ? Regardez ce que jai achet aujourdhui : une bombe lacrymogne pour me dfendre. Jai dj un couteau et si je trouve une arme, je suis prte lacheter pour dfendre mon honneur et ma dignit. A Hassi Messaoud, lEtat ne me protge pas , crie Fatma.
Rentrez chez vous, ici cest dangereux pour les femmes


La sensation davoir t humilie deux reprises, dabord par ses agresseurs puis par les policiers, la ttanise. Elle ne dort plus, change souvent son itinraire pour aller au travail parce quelle sent quelle est suivie partout. Elle a pu voir le visage dun des agresseurs et elle se sent en danger. Ses amies sont ses cts. Elles viennent lui proposer de dmnager vers un F2 trouv au centre-ville, dont le loyer, 25 000 DA, sera partag cinq. Fatma, les larmes aux yeux, a du mal accepter dabandonner une maison dont le propritaire a dj pris six mois davance compter de 5000 DA, elle dont le salaire est compt au dinar prs pour financer les dpenses de la scolarisation de ses frres et surs. Durant deux nuits de suite, les deux quartiers cibls par les attaques ont renou avec le calme. Nos va-et-vient entre les ruelles non claires ont suscit la suspicion chez les groupes de jeunes adosss aux murs chaque coin de rue. Ce sont peut-tre des agresseurs qui attendent le moment propice. Notre prsence, en vhicule banalis, les a peut tre freins. La rumeur sur notre passage a dj fait le tour. Sada, Nadia, Salima, Amriya, Soumeya et de nombreuses autres femmes nous demandent de partir de peur de subir des reprsailles.
Elles en sont leur deuxime tragdie aprs celle vcue El Hacha, qui porte bien son nom. El Hacha, la bte , est situ quelques encablures des cits des 36 et 40 logements o, en juillet 2001, plusieurs dizaines de femmes ont t tortures, lapides, violes, enterres vivantes par une horde de jeunes chauffs blanc par limam, en plein milieu de la nuit. Blesses physiquement et touches dans leur dignit, les victimes nont, ce jour, pas obtenu leur droit la justice. De nombreux agresseurs vivent tranquillement chez eux, protgs par les leurs, souvent des notables aux traditions trs conservatrices qui nacceptent pas que des femmes habitent seules au milieu des leurs ou quelles arrachent le travail des hommes . Les assauts rpts contre leurs maisons sont pour eux une expdition dpuration que mme les services de scurit ne peuvent empcher. Une ralit qui se confirme sur le terrain. Depuis prs dun mois, les femmes des quartiers des 36 et 40 Logements vivent lenfer. Linertie des services de police fait craindre le pire en ces lieux livrs des bandes organises de dlinquants aux visages masqus. A ce rythme, si les pouvoirs publics ninterviennent pas, un autre drame beaucoup plus grave que celui dEl Hacha pourrait avoir lieu. Et l, lentire responsabilit incombera aux autorits dont la mission principale est dassurer la scurit des biens et des personnes, des citoyens et citoyennes algriens, et non pas uniquement celle des trangers, trs nombreux dans cette rgion du pays.


Par Salima Tlemani













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ouafa

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: 15/04/2010

    

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   ouafa 2010-04-15, 22:07

ALGERIE : violentes agressions collectives contre des femmes Hassi Messaoud
Aujourd'hui 11:52
Des associations, ligues et dfenseurs des droits humains se sont runies hier, pour dire "Stop la barbarie". Voici leur dclaration


Hassi-Messaoud
Halte la "fatalit" de la terreur lencontre des femmes !

La Constitution algrienne consacre la scurit des citoyennes et des citoyens. LAlgrie a ratifi la Convention sur llimination de la discrimination lgard des femmes, la Convention contre la torture et autres peines et traitements cruels ou dgradants, la Dclaration sur llimination des violences faites aux femmes.

Au nom de ces principes, nous sommes profondment choqus par la nouvelle tragdie vcue par des femmes, venues de diffrentes rgions dAlgrie, travaillant et vivant dans des habitations prcaires Hassi-Messaoud, une des villes les plus scurises du pays.

Le martyre quelles viennent de subir est la rptition macabre des vnements de 2001. Un sinistre 13 juillet 2001, une horde de 300 hommes arms attaquent une centaine de femmes et leur font subir les pires atrocits un vritable lynchage dans le quartier del-Haicha Hassi-Messaoud.

Nous tenons dabord exprimer ces nouvelles victimes notre solidarit, notre indignation et notre motion face aux actes barbares que des criminels dchans commettent sans rpit en venant et revenant plusieurs nuits de suite, depuis quelques semaines, sur les lieux de leurs forfaits.

Juillet 2001 ... mars 2010

Mme lieu.

Mmes agressions.

Mme type dagresseurs lches et cyniques provoquant des actes mticuleusement organiss, donc mrement prmdits sinon commandits.

Mme type de scnario dhorreur o les criminels regroups et encagouls terrorisent chacune des victimes parce que isoles et sans dfense.

Mme type de violences extrmes o la rapine, les injures et la torture visent humilier et rduire nant les femmes en tant que telles.

Mme volont par la valeur exemplaire de tels actes de terreur de dissuader toutes les femmes dexercer librement leur droit au travail o que ce soit sur le territoire national et de les punir parce quelles vivent seules.

Au-del du constat horrifi, de la condamnation des criminels et de la compassion pour les victimes, nous tenons aussi souligner le caractre particulier de ces expditions punitives qui rappellent trangement non seulement les vnement de 2001 mais aussi toutes les autres agressions depuis vingt ans dans diffrentes rgions dAlgrie ( Ouargla, Remchi, Bordj, Tebessa). Elles rappellent trangement, hlas, les viols collectifs des femmes par les terroristes, ce crime contre lhumanit, tche noire qui a mis en pril notre avenir et celui de toute la socit. Il sagit donc dune violence systmatise, construite, structurelle, orchestre, autant dlments de gravit supplmentaire.

En effet, cette rptition et continuit dactes odieux lencontre des femmes qui semblent se perptuer comme une fatalit nest possible que parce quen 2001 le traitement de laffaire de Hassi-Messaoud sest rduit une parodie de justice relguant cette tragdie au rang de vulgaire fait divers.

Cette rptition et continuit dactes intolrables nest possible que par la complicit et le silence non seulement des institutions et des autorits locales mais aussi le laxisme de la socit. Dailleurs, labsence de raction citoyenne et de mdiatisation de cet vnement est frappante et inquitante.

Cette rptition et continuit de crimes contre lhumanit nest possible que par limpunit dont bnficient les agresseurs contre les femmes.

Cette rptition et continuit de violation des droits de la personne humaine nest rendue possible que par labsence de lEtat et des institutions censs protger les citoyennes et les citoyens.

Est-ce que cela signifie quaucune femme ne peut se sentir en scurit dans son propre pays et quaucun citoyen nest protg par la loi ?

Cest pourquoi, encore une foi, nous dnonons avec force ces crimes et interpellons les pouvoirs publics pour quils ragissent en urgence en assurant la protection de ces femmes victimes encore sous le coup de la menace quotidienne, et leur prise en charge globale (mdicale psychologique, sociale et juridique). Nous sommes dtermins soutenir toutes ces femmes victimes dagressions inacceptables.

Signataires :
Rseau Wassila, ADPDF (Association pour la dfense et protection des droits des femmes), AEF (Association pour lmancipation des femmes), APF (Association du planning familial),
ANADDE, ATUSTEP, Amusnaw, AVIFE (Association dAide aux Victimes de Violence Femmes et Enfants), CIDDEF (Centre dInformation et de Documentation /Droits des Femmes et des Enfants), Collectif des Femmes du Printemps Noir, Djazairouna, FEC (Femmes en Communication), Femmes PLD, LADDH Ligue Algriennne de Dfense des Droits des Hommes), LADH (Ligue Algrienne des Droits des Hommes), RACHDA, SOS Femmes en Dtresse, Tharwa Fatma NSumer, Fatiha Mamora et Rahmouna (deux femmes victimes des attaques de 2001 Hassi Messaoud).

ouafa

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: 15/04/2010

    

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